Le compostage est un procédé biologique qui permet par l’apport d’air la dégradation accélérée des déchets organiques et conduit à l’obtention d’un compost.
Gain de temps et coût de transport plus faible liés à la baisse du volume (jusqu’à 50%)
Abattement d’azote
Réduction des distances d’épandage par rapport aux habitations voisines
Produit hygiénisé : destruction des graines d’adventices et épandage possible sur pâture
Riche en phosphore et potasse
Facilité d’épandage car produit émietté et homogène
Libération lente de l’azote = moins de risques de lessivage
Produit désodorisé
Limites
Avoir un fumier assez pailleux
Technique de compostage à acquérir
Libération lente de l’azote
Pertes d’azote
Compost : les clés de la réussite
Un compost réussi a une odeur d'humus, il est de couleur brune homogène et s'émiette bien
Un produit de départ pailleux et humide
Le fumier doit être assez pailleux (5 à 8 Kg/UGB/jour), sinon lui ajouter un support carboné (déchets verts, paille, copeaux ...) pour assurer une aération sufficante
Le taux de matière sèche doit être inférieur à 50%, sinon prévoir de l'humidifier (cas du fumier de volailles)
Comment faire du compost ?
1 Choisir la période de fabrication
Source : le compost, mieux qu'un engrais de ferme, Institut de l'élevage, 1999
Si le compost n’est pas épandu dans un délai de trois mois après la mise en andain, il est préférable de le couvrir. Le but est d’éviter qu’il s’imbibe de pluie. Utiliser une bâche usagée après avoir vérifié que sa température est redescendue.
2 Les étapes du compostage
2 à 3 mois pour obtenir du compost
1. Mise en andain lors de la vidange de la stabulation ou de la fumière (hauteur d’homme, largeur d’environ 3,5 m)
2. Premier retournement 1 à 2 semaines plus tard pour homogénéiser et faire monter la température
3. Second retournement 10 à 15 jours après
4. Phase de maturation de 3 semaines minimum
Remarque : la mise en andains au champ avec l’épandeur peut remplacer le premier retournement.
3 La mise en andains (cas du compostage au retourneur d'andains)
Décharger les remorques en long sans trop les tasser les unes contre les autres
Source : FD Cuma 50
4 Le matériel : 3 possibilités
Au chargeur
Facile à mettre en œuvre : déplacement du tas de fumier avec le chargeur
Le fumier pris sur le dessus est mis dessous et inversement.
A réserver aux fumiers très pailleux
Pas de mélange homogène
A l'épandeur
Matériel polyvalent (transport – mise en andains – épandage)
Temps de travail important pour deuxième retournement (nécessité de reprise du tas)
Risque d’émiettement trop important
Au retourneur d'andains
Compostage rapide et efficace
Produit homogène et bien aéré
Investissement important,
Rigueur nécessaire dans la réalisation de l’andain et la qualité du fumier (ficelle…)
L'épandage
Le compost étant plus concentré en éléments fertilisants que le fumier, son épandage doit être fait à des doses faibles (15 à 20 t/ha pour du compost de fumier de bovins). Les épandeurs à hérissons verticaux et ceux avec table d’épandage conviennent bien pour épandre du compost. Les épandeurs à hérissons horizontaux sont à éviter.
Comparaison des chantiers fumier et compostage avec retourneur d'andains (pour 300 tonnes de fumiers)
CLASSIQUE
COMPOSTAGE
Vidange de la stabulation
30 remorques de 10 tonnes
30 remorques de 10 tonnes
Compostage (2 retournements)
/
300 t x 1,1€/t = 330€ Main d’œuvre = CUMA (comprise dans le prix)
Epandage avec épandeur à hérissons verticaux
255 t, soit 32 épandeurs Coût : 406 € et 11,2 h de main d’oeuvre
165 t, soit 21 épandeurs Coût : 270 € et 7,35 h de main d’oeuvre
Total compostage et épandage
406 €
600 €
Bilan : le chantier de compostage a un surcoût de 195 €, mais il permet un gain de 3 h30 de main d’œuvre. Salaire et charges pour 3,5 h : environ 45 €
Bien utiliser le compost de déchets verts
Evaluer l’intérêt agronomique
Intérêts
Amélioration des propriétés physiques des sols => intéressant pour réduire la battance des sols de limons, enrichir en matière organique des sols sableux, ou apporter une matière organique plus stable dans les exploitations qui n’ont que du lisier.
Apport de phosphore, de potasse et de chaux
Limites
Sols déjà bien pourvus en matières organiques dans nos régions d’élevage
Le transport augmente rapidement le coût du compost
Présence possible de matières inertes
Evaluer l’intérêt économique
Pour cela, il faut comparer le prix du produit avec l’achat d’engrais minéraux, mais en ne tenant compte que des éléments disponibles pour la culture à venir. En effet, les composts de déchets verts sont souvent riches en azote, mais sous une forme organique qui n’est pas utilisable par les plantes.
N total
P2O5
K2O
CaO
Composition kg/t brut (1)
9,5
4,8
8,4
30,8
Coefficient de disponibilité
10%
60%
100%
100%
Unités disponibles par tonne
0,95
2,88
8,4
30,8
Coût unité minérale (mai 2010)
0,81
0,73
0,62
0,07
1) Source : valorisation agronomique des effluents d’élevage et guide d’utilisation des matières organiques de Basse-Normandie – Chambre d’agricultures de Normandie – juin 2006
Dans cet exemple, le prix équivalent engrais est d’environ 10 € la tonne, ce qui correspond au prix du marché.
Choisir des produits qui respectent une norme
Pour être commercialisé, le compost doit être conforme à une norme. Celle-ci impose des règles dans la composition (par exemple N+P2O5+K2O en % du brut <7). La norme qui concerne les composts est la NFU 44-051. Elle fixe également des limites pour les éléments traces métalliques, les composés traces organiques, les inertes et les pathogènes. La composition du produit doit être stable et conforme aux caractéristiques annoncées. Il est possible de demander une analyse récente pour avoir la composition précise du produit.
Conseils d’utilisation
Sur maïs
Quantité : 15 à 20 t/ha. Apport à compléter par de l’azote minéral
Intéressant pour l’apport d’engrais de fond (P, K) et de chaux.
Prévoir de l’épandre et de l’enfouir le plus tôt possible (dès mi-février).
Exemple de fertilisation pour un maïs à 15 t MS/ha :
N
P2O5
K2O
Les besoins du maïs sont
80
82
225
20 t/ha de compost apportent
19
58
168
Complément minéral nécessaire : 140 kg/ha d’ammonitrate et 100 Kg/ha de chlorure de potassium (avec utilisation d’un starter à 80 Kg/ha).
Sur herbe
Quantité : 15 t/ha pour couvrir les besoins d’une prairie temporaire pâturée.
Epandage de novembre à février.
Exemple de fertilisation pour une prairie de type RGA exploitée en fauche et pâture à 10 t MS/ha :
Comment l’intégrer dans les documents d’enregistrement ?
Les exploitations en zone vulnérable doivent respecter un plafond de 170 kg d’azote organique sur les surfaces épandables et les pâtures de l’exploitation. Le compost acheté n’est pas pris en compte dans ce calcul.
Par contre, le compost est pris en compte dans le calcul des 210 kg d’azote pour les exploitations du SAGE de la Sélune :
[Quantité totale d'azote produite par le cheptel + Azote importé (boues, compost, etc.) + Engrais organiques et minéraux – azote exporté]
Surface Agricole Utile
Avant d’en acheter, il est donc indispensable de faire le calcul sur son exploitation.
Solutions
Dia'Terre : un nouvel outil de diagnostic énergétique des exploitations agricoles
Logiciel de calcul pour le diagnostic énergie-gaz à effet de serre des exploitations agricoles, l’outil Dia’terre a été élaboré par une quinzaine d’organisations du secteur agricole partenaires de l’ADEME, parmi lesquelles nous trouvons l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture, SOLAGRO (concepteur de PLANETE) et l’Institut de l’élevage (utilisateur de DIAPASON).
Bilan des consommations d'énergie en élevage allaitant
30/11/2011 Dans les élevages allaitants, l’électricité, le fioul, la fertilisation et l’alimentation représentent 80 % de la consommation globale en énergie. La comparaison entre élevage d’un même système montre que des pistes d’amélioration sont possibles sur ces trois postes. Mme Elodie BARTHELEMI - Chargée de mission Energie et gestion de projets