La conservation acide se fait grâce à l’acidification de la masse du fourrage. Ce sont les bactéries lactiques, provenant de la plante, qui transforment les sucres en acide lactique. L’acide lactique permet d’abaisser rapidement le pH de la masse afin d’éviter la croissance de populations bactériennes indésirables. Le maïs  en général, se conserve bien dans la masse après sa fermeture grâce à sa teneur en sucres solubles : 58 g/kg de MS dans les essais de la Chambre d’agriculture du Calvados en 2009. Les pH atteignent facilement des valeurs de 3.8 dans la masse, signe d’une bonne conservation.
 
Cependant les risques augmentent à l’ouverture et lors de la reprise. On appelle alors post fermentation, la reprise de l’échauffement lors de l’ouverture et la reprise du fourrage. Les levures sont alors en cause.
Les levures, présentes elles aussi naturellement, sont capables de dégrader les sucres solubles dans un milieu privé d’oxygène mais aussi l’acide lactique et, particulièrement en présence d’air après l’ouverture du silo. Elles produisent alors du gaz carbonique, de l’eau, de la chaleur et le pH remonte.  Cette remontée favorise le développement de moisissures et des bactéries, conduisant à la dégradation voire au pourrissement du fourrage. Ce qui incite à penser que les maïs riches en sucres (de bonne qualité) sont aussi plus exposés aux risques de post fermentations.

Causes et conséquences des post-fermentations


Lors de l'ensilage
- Tassement insuffisant
- Silos non étanches
- Couverture non étanche
Matière ensilée et air
Les levures s'accumulent
Mise en place d'une population de levures
StockagePas d'air (bonnes conditions)- Ensilages stables
- En partie fermentation alcoolique
Air (mauvaises conditions) - Les ensilages moisissent déjà durant le stockage

Reprise de l'ensilage
- Avancement insuffisant
- Remuage des couches de surface
Ensilage + air
Les levures sont à nouveau actives
Multiplication d'autres organismes nuisibles (p.ex. moisissures)
- Les ensilages chauffent
- Pertes de substances nutritives
- Les ensilages se dégradent
- Diminution de l'ingestion


Les levures seront d’autant plus présentes à l’ouverture que le silo aura été mal tassé, mal couvert, le fourrage exposé à l’air. Elles se développent tant que l’oxygène n’est pas consommé, et se stabilisent par la suite. Elles n’attendent que l’ouverture pour croître à nouveau. Tout contact avec de l’air (avancement insuffisant, air sous la bâche, silo ébranlé lors de la reprise, maïs stagnant au pied du silo, dans l’auge,…) va favoriser leur développement.
Les levures sont sensibles à la température : leur croissance est freinée à moins de 10°C, explosive au-delà de 25°C. Les risques sont donc accrus avec les hivers doux, et surtout pour les silos ouverts en été. Ensiler un jour de forte chaleur est aussi un facteur de risque tout comme l’ouverture avant son refroidissement.

En complément des bonnes pratiques de confection du silo, l’ajout de conservateurs peut être une garantie dans certains cas. Nous trouvons 2 grandes catégories d’agents conservateurs :
 
Les acides ou sels d’acides, plus faciles à utiliser. Leur effet est direct sur l’acidification après la fermeture du silo. Ils peuvent préserver la périphérie du silo pour limiter les pertes. Si le silo est correctement confectionné, ils ne sont pas indispensables dans la masse, le pH atteint régulièrement 3.8.  
 
Les biologiques (appelés aussi inoculant). Ils peuvent être moins chers que les acides. Leur teneur est exprimée en cfu/g (colonies formant unité/g). L’efficacité est prouvée à partir de 100 000 (ou 105) cfu/g.  Aujourd’hui, une course à la concentration a lieu, y compris pour les inoculants maïs parmi lesquels des concentrations de 1012 sont relevées! Parmi les biologiques, 2 types de bactéries sont distinguées selon les produits de leur fermentation

  • Homofermentaires: Ces bactéries de type lactique (Lactobacillus) fermentent les sucres en acide lactique seulement. Elles ont un effet marqué sur l’acidification du silo. Les principales familles sont
    Lactobacillus plantarum,Lactobacillus acidophilus, Pediococcus acidilactici, Pediococcus pentacaceus, Enterococcus faecium.Lactobacillus pentosus
    Les familles diffèrent selon leurs caractéristiques, par exemple la rapidité de multiplication donne l’ordre suivant : Enterococcus > Pediococcus > Lactobacillus. D’autres sont actives dans une zone de pH donnée : Lactobacillus plantarum est un peu indifférent au pH. La température, la matière sèche activent aussi plus ou moins l’activité des bactéries. Les mélanges de bactéries sont sensés améliorer l’efficacité globale. Certaines sont connues pour inhiber le développement de bactéries indésirables.
     
  • Hétéro fermentaires: Ces bactéries fermentent les sucres en acide lactique mais elles sont aussi capables d’utiliser l’acide lactique pour produire de l’acide acétique. Elles produisent également, de l’éthanol et du CO2. L’acide lactique n’a pas d’effet sur les levures alors que l’acide acétique est un puissant inhibiteur. Les bactéries hétéro fermentaires ont un effet marqué sur le développement des levures (antifongique).
    Parmi ces dernières, une souche de bactéries lactiques appelée Lactobacillus buchneri est particulièrement adaptée en  produisant notamment de l’acide acétique (vinaigre) qui stoppe le développement des moisissures. Elle entraîne cependant une perte de matière organique de l’ordre de 2% à 5%. Ces bactéries hétéro fermentaires ont une croissance lente. Après la stabilisation, Lactobacillus buchneri convertit lentement l’acide lactique en acide acétique. Cela prend 45-60 jours avant d’être efficace du point de vue de la stabilité en aérobie.
     
    Les inoculants à base de Lactobacillus buchneri sont utilisés principalement dans l’ensilage de maïs dans l’intérêt principal de conserver la stabilité en présence d’air à la reprise ou pour les silos qui restent ouverts en été. Cette source de bactéries, dites hétéro fermentaires, est la plus efficace contre les post fermentations.
    Enfin, des enzymes capables de commencer à dégrader les sucres complexes peuvent être ajoutées.


Les conservateurs ont-ils un effet sur la production laitière ?
Une étude danoise récente conduite en élevage a abouti à la conclusion que le niveau de lactation ne serait pas affecté par l’addition d’un agent biologique et que la vache ne fait pas de différence entre les souches !
Une compilation américaine de 36 essais concluait à un gain de production laitière dans 47% des cas en 1997.
L'effet porte avant tout sur la limitation des pertes et en particulier les reprises de fermentations à l'ouverture des silos.

Comment utiliser les inoculants ?
  • Garder au froid.
  • Ne pas utiliser avec de l’eau chlorée à plus de 1 ppm. Sinon, utiliser un inoculant qui contient un réactif qui neutralise le chlore.
  • Ne pas mélanger acide et inoculant.
  • Minimum 100 000 colonies formant unité (cfu)/g de matière verte
  • Respecter la dose
  • Pour les ensilages plus secs (> 40% MS), un inoculant liquide commencera à travailler plus rapidement que la forme granulaire.
 
Conclusion : Le conservateur peut être utile si :
  • le taux de MS du maïs est élevé
  • le front d’attaque est trop important pour un avancement d’au moins 10 cm l’hiver.
  • le silo sera ouvert en été 2011.

Un acide ou sel d’acide convient pour la périphérie.
Le sel fourrager est intéressant en surface à raison de 3 kg par m2 mélangés dans les dernières couches pour inhiber le développement des butyriques.
Les bactéries type Buchneri sont efficaces sur la post fermentation, l’addition d’une autre souche pour acidifier le silo après fermeture n’est pas indispensable avec un maïs à moins de 35 % de MS et de bonnes conditions de confection du silo. Le coût est de 2 à 3€/tonne de vert pour un produit conservateur classique.



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22/06/2012
Fête de la Bio : Journée technique Dans le cadre de la Fête de la bio, les 22, 23 et 24 juin 2012 à Cricqueville-en-Auge, le Groupement des Agriculteurs Biologiques du Calvados organise avec ses partenaires une journée technique le 22 juin.

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