Les levures seront d’autant plus présentes à l’ouverture que le silo aura été mal tassé, mal couvert, le fourrage exposé à l’air. Elles se développent tant que l’oxygène n’est pas consommé, et se stabilisent par la suite. Elles n’attendent que l’ouverture pour croître à nouveau. Tout contact avec de l’air (avancement insuffisant, air sous la bâche, silo ébranlé lors de la reprise, maïs stagnant au pied du silo, dans l’auge,…) va favoriser leur développement.
Les levures sont sensibles à la température : leur croissance est freinée à moins de 10°C, explosive au-delà de 25°C. Les risques sont donc accrus avec les hivers doux, et surtout pour les silos ouverts en été. Ensiler un jour de forte chaleur est aussi un facteur de risque tout comme l’ouverture avant son refroidissement.
En complément des bonnes pratiques de confection du silo, l’ajout de conservateurs peut être une garantie dans certains cas. Nous trouvons 2 grandes catégories d’agents conservateurs :
Les acides ou sels d’acides, plus faciles à utiliser. Leur effet est direct sur l’acidification après la fermeture du silo. Ils peuvent préserver la périphérie du silo pour limiter les pertes. Si le silo est correctement confectionné, ils ne sont pas indispensables dans la masse, le pH atteint régulièrement 3.8.
Les biologiques (appelés aussi inoculant). Ils peuvent être moins chers que les acides. Leur teneur est exprimée en cfu/g (colonies formant unité/g). L’efficacité est prouvée à partir de 100 000 (ou 105) cfu/g. Aujourd’hui, une course à la concentration a lieu, y compris pour les inoculants maïs parmi lesquels des concentrations de 1012 sont relevées! Parmi les biologiques, 2 types de bactéries sont distinguées selon les produits de leur fermentation
Les conservateurs ont-ils un effet sur la production laitière ?
Une étude danoise récente conduite en élevage a abouti à la conclusion que le niveau de lactation ne serait pas affecté par l’addition d’un agent biologique et que la vache ne fait pas de différence entre les souches !
Une compilation américaine de 36 essais concluait à un gain de production laitière dans 47% des cas en 1997.
L'effet porte avant tout sur la limitation des pertes et en particulier les reprises de fermentations à l'ouverture des silos.
Un acide ou sel d’acide convient pour la périphérie.
Le sel fourrager est intéressant en surface à raison de 3 kg par m2 mélangés dans les dernières couches pour inhiber le développement des butyriques.
Les bactéries type Buchneri sont efficaces sur la post fermentation, l’addition d’une autre souche pour acidifier le silo après fermeture n’est pas indispensable avec un maïs à moins de 35 % de MS et de bonnes conditions de confection du silo. Le coût est de 2 à 3€/tonne de vert pour un produit conservateur classique.