Le maïs est semé en rangs espacés de 75 ou 80 cm, ce qui facilite l'emploi des sarcleuses ou des bineuses. La mise au point des itinéraires culturaux et les progrès réalisés dans la conception des machines permettent de combiner le "mécanique" et le "chimique" pour désherber le maïs. La mise en œuvre est maintenant plus facile et plus efficace. On distingue deux techniques : le désherbage mixte et le "désherbinage".
Intérêts
- Réduction sensible des doses d'herbicides qui sont divisées par 2 ou 3.
- Ameublissement de la surface et aération du sol.
- Economie d'eau et bonne utilisation des pluies.
- Bonne efficacité.
- Demande de puissance raisonnable (12 à 15 Ch./mètre).
- Possibilité de "buttage" du rang de maïs.
- Systèmes de guidage performants.
- Possibilité de semer un couvert de ray-grass dans l'entre-rang.
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Limites
- Exigence de bonnes conditions agronomiques et climatiques.
- Temps de travail un peu plus long que la pulvérisation.
- Bon parcellaire de préférence.
- Période d'intervention assez courte posant parfois des problèmes d'organisation et de plein emploi du matériel.
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Le maïs préservé
Par rapport au désherbage chimique intégral, le désherbage mixte ou le "désherbinage" ne modifie pas le rendement du maïs à condition d'assurer un bon contrôle des adventices.
C'est d'ailleurs une règle générale car le maïs est sensible à la concurrence des adventices entre le stade 6 et 11 feuilles.
Intervenir sur sol suffisamment ressuyé est également une règle importante, afin de ne pas abîmer la structure du sol et pénaliser le développement du maïs.
Rendement du maïs ensilage (en tonnes MS / ha) selon la technique de désherbage
(essais Chambre d'Agriculture de la Manche avec la participation du Fonds européen d'orientation et de garantie agricole). (*) Mauvais contrôle des mauvaises herbes entraînant une forte concurrence sur le maïs ensilage.
| | Chimique intégral | Désherbage mixte ou desherbinage semis sous couvert | | Blanche Maison 1997 | 18.1 | 18.2 | | Blanche Maison 1998 | 15.9 | 15.9 | | Le Luot 1998 | 20.2 | 19.9 | | Godefroye 1999 | 16.6 | 17.4 | | Blanche Maison 1999 | 16.9 | 12.2* | | St Martin Landelles 2003 | 17.2 | 17.2 | | Carnet 2005 | 21.4 | 22.5 | | Baudre 2005 | 16.5 | 16.3 |
Une opération à mener dans de bonnes conditions climatiques
La mise en œuvre de la technique exige un peu plus de rigueur que la pulvérisation mais elle reste accessible à tout le monde.
Un parcellaire bien découpé et un semis rectiligne améliorent nettement les performances de la bineuse. De bonnes conditions climatiques sont exigées au moment de l'intervention pour obtenir un binage de qualité et éviter d'abîmer la structure du sol. Le coût d'utilisation d'une bineuse 6 rangs équipée d'un pulvérisateur et d'un semoir à petites graines effectuant une cinquantaine d'hectares de culture (1) est d'environ 40 Euros par ha ; il est de 36 Euros par ha pour 60 hectares d'utilisation. L'adaptation d'un système de guidage automatique est un peu plus chère ; le coût d'utilisation pour 70 hectares de culture est d'environ 44 Euros ; il est de 34 Euros pour 100 hectares. Le guidage automatique accroît cependant nettement les performances du chantier donc la surface travaillée. Le débit de chantier est en effet de 3 ha/heure contre 2 à 2,5 Ha/heure pour une bineuse sans guidage automatique.
Le coût supplémentaire lié au matériel est compensé par l'économie d'herbicides (de 50 à 65 % de produits en moins). Enfin, on peut compter sur une bonne efficacité du ray-grass semé sous couvert pour capter l'azote et protéger le sol. (1) 1 hectare culture = 2 binages. |