Fertilisation du blé sortie hiver

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Fertilisation du blé sortie hiver

Cette année, des blés ont été semés tardivement, en décembre ou janvier. L’apport d’azote est donc à retarder en conséquence et ne suit pas les règles de fertilisation habituelles

  

Les blés semés en octobre-novembre sont au stade 3 feuilles à tallage. Dans certains cas, il est possible de faire l’impasse en azote au tallage. L’apport d’un engrais type starter (DAP) n’est pas justifié.
 
Limiter l’azote à 40 unités au tallage

L’apport d’azote au tallage est l’apport le moins bien valorisé. Contrairement à une idée reçue, l’azote ne fait pas taller. Ce sont les conditions climatiques qui influent. Le rythme d'émission des feuilles est réglé par des facteurs externes comme la durée du jour et le rayonnement au moment de la levée. L’apport au tallage permet aux talles d’être plus vigoureuses à la montaison. Mais, en favorisant des talles secondaires qui dépériront plus tard, des nutriments sont mobilisés inutilement.
Par contre, une bonne alimentation à partir du stade épi 1 cm garantit, dans la plupart des cas, un nombre équivalent d’épis.

Une impasse en azote au tallage est envisageable excepté dans les cas suivants :
  • sol filtrant ou hydromorphe qui défavorisent l’enracinement du blé : mal enraciné, le blé a des difficultés à s’alimenter et peut être carencé au début de la montaison
  • variétés précoces : leur vitesse de croissance et leur faible capacité de compensation en fin de cycle les sensibilisent aux carences azotées précoces

L’impasse présente aussi d’autres intérêts : économiser un passage à une période où le sol n’est pas toujours très portant et limiter la production de biomasse inutile, ce qui réduit les risques de maladies et de verse.
 
Apporter de l’azote au tallage avant la fin février est inutile. Pour que l’azote soit utile, il faut l’apporter quand la température permet à la plante de pousser et donc de l’absorber. Dans le cas contraire, il risque d’être lessivé, de se volatiliser ou d’être temporairement fixé par le sol.
 
Inutile d’apporter du phosphore

Le blé est peu exigeant en P2O5. Une impasse en phosphore n’a pas d’impact sur la croissance du blé. Dans les sols où la teneur est très faible, un apport peut être envisagé pour assurer une alimentation en phosphore du blé au stade où il en a besoin.
Contrairement au maïs qui doit développer son système racinaire rapidement avant l’été plus sec, le blé développe son système racinaire tout au long de l’hiver. Au stade épi 1 cm, si le sol le permet (pas de semelle de labour), les racines descendent déjà à 1 m de profondeur.
Lorsque du phosphore sous forme starter DAP (18-46) est épandu en plein en sortie d’hiver, il n’est pas positionné au niveau de la racine pour stimuler son développement. Il est donc peu valorisé.
 
Par conséquent, le starter est une forme d’engrais relativement chère à réserver aux maïs.
 




Laëtitia CHEGARD - Le 8 février 2010

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