Techniques d'amélioration et de rénovation des prairies
Le choix de la technique est guidé par le diagnostic de la praire, celui-ci prenant en compte non
seulement le relevé floristique, mais aussi les caractéristiques agronomiques de la parcelle et
l’histoire récente de la prairie.
Amélioration
On parle d’amélioration s’il n’y a pas destruction de la flore existante, des techniques simples sont alors
mises en oeuvre :
Revoir les points clés dans la conduite de la prairie : cloisonnement, hauteur d’herbe en entrée et sortie de parcelle, date précoce de mise à l’herbe, maîtrise de refus…
Les autres méthodes « douces » sont :
Le désherbage sélectif : il vient en complément des améliorations apportées dans la conduite, lorsque l’envahissement des mauvaises herbes est marqué.
Le sursemis : Il s’agit de regarnir une prairie ayant une base « convenable » d’espèces pour renforcer la flore déjà existante. Il faut des trous pour permettre le développement du semis dans la végétation déjà en place.
Cette pratique met en oeuvre diverses interventions : préparation au semis (dont désherbage sélectif),
semis, et gestion des repousses.
Rénovation sans labour
Ces techniques permettent de rénover pratiquement toutes les parcelles, elles sont rapides et moins
coûteuses qu’avec labour. Elles sont toutefois inadaptées si le sol est compacté ou si la pelisse de la
prairie est importante.
Le semis direct de printemps
Printemps : Semis souvent plus favorable à l’implantation
des prairies multi-espèces.
Eté : période la plus favorable pour les terres à tendance
humide et pour les sols séchant en été
Le semis de printemps après désherbage d'automne (rénovation par les lombrics)
Solution pour les parcelles non labourables dont la flore comprend l’espèce agrostide
Plusieurs possibilités existent :
Le semis direct avec semoir spécialisé.
Le semis simplifié après un travail superficiel (au printemps ou en fin d’été)
Le semis simplifié au printemps après désherbage d’automne
Les techniques de rénovation avec labour
Le semis classique avec labour est souvent préférable pour les espèces difficiles d’implantation
(fétuques, fléoles).
Pour une bonne décomposition des résidus le déchiquetage préalable de la prairie est nécessaire.
Ce travail mécanique permet de s’affranchir des herbicides, sauf dans le cas d’envahissement marqué de
certaines plantes indésirables (orties, chardons, rumex).
L’état de la flore est une bonne indication pour choisir la technique
Le choix de la technique à mettre en oeuvre dépend du relevé floristique, des caractéristiques
agronomiques de la parcelle, et du souhait de l’éleveur d’améliorer plus ou moins rapidement la
productivité de la prairie.
Si les bonnes espèces fourragères représentent au moins 30 à50% de la flore, les techniques simples sans
ressemis suffiront à améliorer les choses.
Avec des taux inférieurs à 30%, le semis, voire le sursemis sont nécessaire, d’autant plus que l’éleveur
souhaite une amélioration rapide.
Le tableau ci-dessus donne des indications à partir du relevé floristique
dicotylédones indesirables + mousses
% de bonnes graminées + légumineuses herbacées
Moins de 30%
30% à 70%
Plus de 70%
Moins de 15%
6 Désherbage, exploitation, fertilisation, resemis si possible ou sursemis
Si les techniques sans labour permettent de rénover les prairies à sols peu profonds, ou à humidité excessive, deux problèmes doivent être gérés :
La présence de l’espèce Agrostide dont les résidus ne se trouvent pas enfouis
Le taux de matière organique très élevé que l’on rencontre en vieilles prairies
Dans les deux cas la réussite à la levée est très freinée (voir encadré)
Dans ces cas de figure, et pour des prairies non labourables, deux possibilités envisageables :
En destruction mécanique : 2 passages de rotavator assez profonds peuvent permettre un minimum d’enfouissement des résidus.
En destruction chimique : Le semis de printemps après désherbage d’automne (« méthode
lombric »), donne du temps à la décomposition des matières organiques et constitue une solution
à de fréquentes situations (prairies peu labourables avec agrostides et taux élevé de matières
organiques.
L’agrostide
Cette graminée classée comme «fourragère à valeur moyenne » domine souvent dans les prairies naturelles Son pouvoir anti-germinatif est réel à partir d’une abondance de 10%. : → Taux de levée à 50% du témoin, plantes chétives. *
Taux de matière organique L’effet limitant est en partie lié au mauvais contact graine -terre → Taux de 4% de Mo : 80% de réussite à la levée* → Taux entre 7 et 8% de Mo : 20% de réussite*
* Observations Inra du Haras du Pin (61)
RENDEZ-vous
22/05/2012 Portes ouvertes du réseau DEPHY Porte ouverte “réduire les phytos en colza”, chez Gilles Lenfant à Miserey (27)
31/05/2012 Porte ouverte, le 31 mai à Heurtevent ! Développer son autonomie fourragère en exploitant au mieux les ressources présentes sur son exploitation, maintenir un potentiel de production et en même temps réduire l’utilisation des phytosanitaires, "booster" ses prairies, valoriser ses haies, autant de thèmes qui seront déclinés lors de la Porte ouverte qui se déroulera le 31 mai 2012 à l’EARL de la Chapellerie à Heurtevent, chez Mrs Tregouet.