Les variations du prix des veaux et de la viande, la volatilité du prix des céréales et le découplage total des primes en 2010 amènent à reconsidérer l'intérêt d'engraisser en taurillons les veaux laitiers nés sur l’exploitation. Pour que cette stratégie se justifie, il est nécessaire à la fois de faire une bonne marge commerciale mais aussi de maîtriser les charges alimentaires et de structure.
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Aujourd'hui, le prix d’intérêt du kilo de carcasse d’un taurillon laitier, avant amortissement des bâtiments et avant rémunération de la main d’œuvre, est de l’ordre de 3.00 €. Il s’agit du prix auquel il faut vendre les taurillons pour dégager un revenu au moins égal à celui permis par la vente de cultures produites sur les surfaces mobilisées par la production de taurillons Ce calcul est fait pour un taurillon Holstein de 350 kg de carcasse, produit à partir d’un veau d’une valeur de 100 €, ou pour un taurillon Normand de 370 kg de carcasse, produit à partir d’un veau de 180 €. Les prix retenus pour le blé et pour le tourteau de soja sont respectivement de 180 € et 350 € la tonne. Si les prix du taurillon constatés depuis quelques années étaient décevants, depuis début 2011 les cotations moyennes au kg de carcasse sont meilleures : 2.95 € pour les O et 3.30 € pour les R, c'est 7 à 9 % de plus qu'en 2010. Cette augmentation des prix permet de compenser le surcoût lié à l'augmentation des coûts alimentaires mais, en dehors de toutes considérations fiscales et sociales, ne permet toujours pas de couvrir correctement le coût de la main d'œuvre et des investissements dédiés à l'atelier d'engraissement. Ce type de calcul montre que les marges de manœuvre dans cette activité sont étroites. Tous les leviers pour réduire les charges et optimiser le produit doivent être activés.
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Produire des taurillons légers et jeunes
Pour un taurillon laitier de type holstein, au-delà de 650 kg vif, l'indice de consommation est supérieur à 10 (plus de 10 kg de matière sèche pour produire 1 kg de poids vif), soit un coût alimentaire de l'ordre de 1,50 €/jour (8 kg MS de maïs et 2.7 kg de concentré). Compte tenu de la baisse de croissance en fin d’engraissement, la valorisation des derniers kilos de carcasse couvre tout juste ce seul coût alimentaire. Dans une conjoncture de prix élevé des aliments, il n'y a pas d’intérêt économique à produire lourd. L'objectif est de produire des taurillons laitiers de 17-18 mois avec un poids de carcasse de 340-350 kilos en race Holstein et de 370-380 kilos pour les Normands.
Elever en fin d’été et vendre en début d’année
Compte tenu des variations saisonnières du prix des veaux et de la viande habituellement observées, la meilleure marge commerciale est assurée pour les veaux nés en fin d’été, période de prix faible des veaux, et revendus 16 à 18 mois plus tard, en tout début d’année quand les taurillons sont au plus haut de leur cours. Effectivement, sur les dernières années, les écarts entre les prix d’été et les prix de fin d’automne/hiver étaient fréquemment de 0,15 à 0,25 € par kg de carcasse. A ce titre l'année 2011 est atypique. La baisse saisonnière de printemps a été de faible ampleur et, très vite, les cours se sont rétablis de façon spectaculaire. Ils sont aujourd'hui à un niveau comparable à celui de cet hiver et à plus de 0,30 €/ kg carcasse qu'il y a un an. Concernant le prix des veaux, selon les périodes de naissance, les écarts de prix sont de l’ordre 80 à 100 €. Par le passé, élever en fin d’été et vendre en début d’année permettait d'améliorer la marge commerciale de l’ordre de 150 €. La flambée des cours de cet été fait mentir cette préconisation. Cependant, faute de recul, il reste prudent d'éviter les ventes estivales.
Maîtrise technique et économique indispensable
La maîtrise du coût alimentaire est aussi un des leviers importants de la rentabilité. La conduite raisonnée des surfaces en maïs et céréales ou encore l’achat de concentrés simples au meilleur rapport qualité prix permettent de réduire significativement le coût de production du kg de carcasse. Par ailleurs, des croissances mal maîtrisées, une mortalité importante, des ruptures de stocks fourragers ou encore des investissements matériels et bâtiments non analysés, anéantissent vite tout espoir de revenu. Consommation des taurillons laitiers Source – IE, ARVALIS,CDA| | Holstein 350 kg c 18 mois 1160 g/j | Normand 370 kg c 17 mois 1220 g/j | | Ensilage de maïs (kg ms) | 2800 | 2216 | | Blé (kg) | 408 | 907 | | Tourteau de soja (kg) | 477 | 446 | | C.M.V. (kg) | 78 | 79 | | Foin (kg) | 195 | 144 | | Aliment allaitement (kg) | 45 | 40 | | Aliment démarrage (kg) | 70 | 70 | Cotations des taurillons 2008/2011

 | | Suivre les cotations pour s’assurer d’une marge commerciale optimale |
Marge brute attendue en €/hectare autoconsommé (maïs et blé)
Taurillon holstein350 Kg carcasse – 0,20 ha de maïs et 0,06 ha de blé | | Prix du veau en € / tête | | 50 | 100 | 150 | | Prix du JB en €/kgc | 2,65 | 1 245 | 1 050 | 855 | | 2,80 | 1 445 | 1 250 | 1 055 | | 2,95 | 1 645 | 1 450 | 1 255 |
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Taurillon normand370 Kg carcasse – 0,16 ha de maïs et 0,13 ha de blé | | Prix du veau en €/tête | | 130 | 180 | 230 | | Prix du JB en €/Kgc | 2,85 | 1 340 | 1 165 | 990 | | 3,00 | 1 530 | 1 355 | 1 180 | | 3,15 | 1 725 | 1 550 | 1 375 |
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(maïs : 14 tMS/ha, blé 70 qx et 4.5 t de paille / ha) |